Route sinueuse en lacets serpentant dans les montagnes verdoyantes du cirque de Cilaos à La Réunion
Publié le 15 mars 2024

Pour maîtriser la route de Cilaos, la clé n’est pas de la subir avec appréhension, mais d’adopter le rythme et les réflexes d’un habitué.

  • La conduite doit être fluide et anticipée, en « enroulant » les virages plutôt qu’en freinant brusquement. C’est le secret anti-mal des transports.
  • Le klaxon n’est pas une agression mais un outil de communication essentiel avant chaque virage aveugle.

Recommandation : Utilisez systématiquement le frein moteur en descente, roulez avec souplesse et n’hésitez jamais à faire demi-tour devant un radier en crue. La sécurité prime toujours sur l’horaire.

Ah, la route de Cilaos… Pour nous, les chauffeurs qui la parcourons tous les jours, c’est une partition que l’on connaît par cœur. Mais pour vous, qui arrivez de la plaine, je vous vois dans mon rétroviseur. Les mains crispées sur le volant, le regard fixé sur le ravin, et les enfants qui commencent à se plaindre à l’arrière. On vous a dit de rouler doucement, de faire des pauses. Ce sont de bons conseils, mais ce n’est pas ça, le secret. Le vrai secret, ce n’est pas de combattre la route, c’est de danser avec elle.

Cette route, ce n’est pas juste une succession de virages ; c’est un monument vivant qui demande du respect et de la finesse. Oubliez la conduite « stop-and-go » de la ville. Ici, on pratique la « conduite enroulée » : une glisse continue, où l’on utilise l’élan de la voiture pour s’inscrire dans la courbe suivante. C’est cette fluidité qui empêchera l’estomac de vos passagers de faire des loopings. D’ailleurs, les chiffres sont parlants : jusqu’à 25% des enfants souffrent du mal des transports, un chiffre qui grimpe vite en montagne. L’enjeu est donc de transformer ce trajet, qui prend environ 1 heure pour 37 km, en une partie de plaisir et non en une épreuve.

Mais si la véritable clé n’était pas dans l’accélérateur, mais dans votre état d’esprit ? Dans cet article, je vais vous transmettre non pas des règles, mais des réflexes. Ceux d’un « gramoun » (ancien) du volant qui a tout vu sur cette route. Nous verrons comment le klaxon devient un ami, comment lire l’eau d’un radier, et pourquoi vos freins vous remercieront de les oublier un peu. Préparez-vous à changer votre regard sur ces 400 virages.

Pour vous guider pas à pas, de la plaine jusqu’au cœur du cirque, voici les points essentiels que nous allons aborder. Chaque section est une étape pour vous transformer en un conducteur aguerri et serein, prêt à profiter du spectacle monumental qu’offre cette route mythique.

Pourquoi faut-il klaxonner avant chaque virage aveugle en montagne ?

En plaine, un coup de klaxon est souvent un signe de colère. Ici, en montagne, c’est un « bonjour » de sécurité, un « attention, j’arrive ». Sur une route qui compte, 420 virages exactement sur 30 kilomètres, vous comprenez vite que la visibilité est un luxe. Le klaxon n’est pas une option, c’est votre première ligne de défense. Il permet d’engager un véritable dialogue routier avec les véhicules que vous ne voyez pas encore. Un petit coup bref avant de vous engager dans une courbe sans visibilité prévient celui qui arrive en face. S’il vous répond, vous savez qu’il faut ralentir et serrer votre droite au maximum.

Ce réflexe est d’autant plus vital dans les trois tunnels non éclairés de la route. Ils sont étroits, souvent humides, et ne permettent le passage que d’un seul véhicule à la fois. N’ayez aucune hésitation : un coup de klaxon avant d’entrer, les phares allumés même en plein jour, et une vitesse très réduite. Si un bus ou un camion arrive en face, c’est toujours à la voiture la plus légère et la plus maniable de s’arrêter, voire de reculer. La règle est simple : le plus gros a la priorité, car il a beaucoup moins de marge de manœuvre. Pensez-y comme à une danse : il faut anticiper le mouvement de son partenaire pour éviter de se marcher sur les pieds.

  • Klaxonnez systématiquement avant d’entrer dans chacun des 3 tunnels non éclairés.
  • Réduisez votre vitesse car les tunnels ne comportent qu’une seule voie.
  • Allumez vos phares même en plein jour pour être visible.
  • Attendez si un véhicule est déjà engagé dans le sens opposé.
  • Utilisez l’appel de phares la nuit en complément du klaxon pour une double sécurité.

Radier en crue : à quel moment faut-il renoncer à traverser et faire demi-tour ?

La route de Cilaos est belle, mais elle est vivante et parfois capricieuse, surtout en saison des pluies. Les radiers, ces portions de route qui traversent le lit des rivières, sont les juges de paix. Quand l’eau est claire et que son niveau est bas, pas de souci. Mais si l’eau est marron, chargée de boue et de branches, et que vous entendez le grondement des roches qui roulent, la question ne se pose même pas : on fait demi-tour. N’essayez jamais de jouer les héros. La puissance de l’eau est phénoménale et sous-estimée. Votre voiture, même un 4×4, n’est qu’un fétu de paille.

Ce paragraphe introduit un concept complexe. Pour bien le comprendre, il est utile de visualiser ses risques potentiels. L’illustration ci-dessous décompose ce processus.

Comme le montre cette image, un radier en crue n’est pas une simple flaque. Le courant peut emporter un véhicule en quelques secondes. Après le cyclone Berguitta en 2018, la route est restée coupée des semaines, avec des dizaines de secteurs fragilisés. Tenter de passer, c’est non seulement risquer sa vie, mais aussi potentiellement bloquer la route pour tout le monde pendant des jours. La règle d’or est simple : si vous avez un doute, il n’y a pas de doute. Renoncez. La montagne sera encore là demain.

Votre plan d’action avant de prendre la route en saison des pluies

  1. Vérifier l’état de la route en temps réel auprès de la Direction de l’Exploitation et de l’Entretien des Routes.
  2. Éviter absolument de prendre la route si de fortes pluies sont annoncées.
  3. Prévoir une marge de temps de 30 minutes supplémentaires pour les éventuels arrêts de sécurité.
  4. S’informer sur les coupures intermittentes possibles (souvent par tranches de 45 minutes pour des travaux).
  5. Avoir un plan B avec des activités alternatives en cas de fermeture imprévue de la route.

Comment doubler les vélos en sécurité sur les routes étroites des Hauts ?

La route n’est pas qu’à vous. Vous y croiserez des bus, des camions, mais aussi de nombreux cyclistes, qu’ils soient des sportifs affûtés ou des touristes en balade. Les doubler demande de la patience et beaucoup de respect. Oubliez le dépassement « à la va-vite ». Ici, on prend son temps. La règle légale du 1,5 mètre de distance latérale est un minimum syndical. Sur ces routes, visez plutôt 2 mètres, voire plus. Cela signifie que 9 fois sur 10, vous devrez vous déporter entièrement sur la voie de gauche.

Le dépassement ne doit donc s’envisager que dans une ligne droite avec une visibilité parfaite, et après vous être assuré que personne n’arrive en face. Annoncez votre intention avec un klaxon très bref et lointain, bien avant d’arriver sur le cycliste, pour ne pas le surprendre. Considérez chaque cycliste comme un usager fragile qui peut faire un écart à tout moment à cause d’un nid-de-poule ou d’un coup de vent. Le tableau suivant, basé sur l’expérience des guides locaux, résume l’approche à adopter.

Adapter sa technique de dépassement au type de cycliste
Type de cycliste Distance latérale recommandée Technique d’approche Moment idéal
Cycliste sportif (entraînement) 2 mètres minimum Klaxon bref à 200m + dépassement rapide Ligne droite après virage
Cycliste touriste (balade) 2,5 mètres minimum Klaxon très léger + dépassement lent Zone dégagée avec visibilité
Groupe de cyclistes 3 mètres si possible Double klaxon + patience accrue Attendre zone très dégagée

Le « bouchon » de 7h du matin à l’entrée de Saint-Denis : comment l’éviter ?

Votre aventure dans les cirques est terminée et vous devez rejoindre l’aéroport ou le nord de l’île ? Attention à un autre type de difficulté : les embouteillages. Le trafic à La Réunion est particulièrement dense aux heures de pointe. Si vous descendez de Cilaos et que vous vous dirigez vers Saint-Denis, le point noir se situe à l’entrée de la ville. Tenter d’y arriver en pleine heure de pointe matinale est la garantie de perdre un temps précieux et de rajouter du stress à votre voyage.

Les loueurs de voitures et les habitués sont unanimes : la tranche horaire critique se situe entre 7h30 et 9h en période scolaire. Durant ce créneau, les temps de trajet peuvent facilement doubler. Pour éviter ce piège, plusieurs stratégies s’offrent à vous. La plus simple est de décaler votre départ. Si vous avez un avion à prendre, prévoyez une marge énorme ou, mieux, passez la nuit précédente plus près de l’aéroport. Pour les autres, écouter la radio locale ou utiliser une application de trafic en temps réel peut vous sauver la mise en vous proposant des itinéraires alternatifs.

  • Écoutez Radio Freedom, la source d’information trafic de référence sur l’île.
  • Utilisez Waze ou Google Maps, qui recalculent les itinéraires en direct pour éviter les pires congestions.
  • Privilégiez les départs de votre lieu de séjour avant 7h00 ou après 9h00 si votre planning le permet.
  • N’hésitez pas à explorer les routes secondaires (« les chemins de traverse »), qui sont souvent plus agréables, même si elles rallongent un peu la distance.
  • Profitez du trafic beaucoup plus fluide pendant les vacances scolaires de l’Académie de La Réunion.

L’état des routes après la pluie : comment préserver ses pneus et amortisseurs ?

Après une bonne « grainée » (averse tropicale), la route se transforme. L’asphalte devient glissant, et surtout, des pièges apparaissent. La pluie lessive les talus, charriant de la boue rouge et des « ti cailloux » (petites roches volcaniques, souvent coupantes) sur la chaussée. C’est là qu’intervient la « lecture de la chaussée ». Votre regard ne doit pas se poser juste devant votre capot, mais scanner la route 50 à 100 mètres plus loin. Repérez les changements de couleur du bitume, les zones qui brillent (signe d’humidité persistante) et les amas sombres qui peuvent signaler un éboulis récent.

Ce paragraphe introduit un concept complexe. Pour bien le comprendre, il est utile de visualiser ses dangers cachés. L’illustration ci-dessous décompose ce processus.

Comme vous le voyez, la route n’est plus uniforme. Rouler sur ces débris à pleine vitesse, c’est le meilleur moyen d’abîmer un pneu ou de mettre vos amortisseurs à rude épreuve. Évitez les grosses flaques : elles peuvent cacher des nids-de-poule profonds. Votre meilleure alliée est la souplesse. Ralentissez, suivez les traces des pneus des véhicules passés avant vous, et soyez prêt à faire de légers écarts pour contourner les obstacles les plus évidents. Une conduite attentive après la pluie n’est pas seulement une question de sécurité, c’est aussi un moyen de rendre votre voiture de location dans le même état qu’au départ.

  • Scannez la route loin devant pour repérer les changements de texture et de couleur.
  • Réduisez la vitesse dans les zones d’ombre (sous les arbres, contre le rempart) où l’humidité persiste plus longtemps.
  • Évitez à tout prix les flaques d’eau dont vous ne pouvez pas estimer la profondeur.
  • Suivez les traces de pneus des véhicules précédents ; c’est souvent la trajectoire la plus sûre.
  • Après une traversée de zone dégradée, tendez l’oreille pour détecter d’éventuels bruits anormaux.

Hubert-Delisle : pourquoi cette route à mi-hauteur est-elle la plus belle pour flâner ?

Après l’effort, le réconfort. Une fois que vous maîtrisez les bases de la conduite en montagne, il est temps de profiter. Et pour cela, il n’y a pas mieux que la route Hubert-Delisle, aussi appelée la route « Entre-Deux – Le Tampon ». Contrairement à la montée directe vers les cirques, cette route à mi-hauteur est moins exigeante et offre des panoramas à couper le souffle sur le littoral et les ravines. C’est la route parfaite pour la flânerie, pour s’arrêter aux points de vue et simplement apprécier la beauté des paysages réunionnais. Comme le disent les guides locaux, « les lacets sont serrés, la vue est monumentale, les remparts se dévoilent au fur et à mesure, et la lumière change constamment, bref, impossible de s’ennuyer. »

C’est l’occasion de mettre en pratique votre conduite enroulée dans un contexte moins stressant. Cette route vous rappellera aussi à quel point ces voies de communication sont des prouesses techniques, nées de la volonté de désenclaver les Hauts de l’île.

L’histoire de la construction de la route mythique de Cilaos

La construction de la route a commencé en 1927, entreprise depuis les deux extrémités. En 1930, les ingénieurs ont eu une surprise de taille : les deux tronçons n’étaient pas alignés ! Face à ce défi, l’ingénieur Telmard a eu une idée de génie : plutôt que de tout recommencer, il a conçu une boucle spectaculaire, le fameux pont de la Boucle, pour compenser la différence de niveaux. Grâce à cette solution ingénieuse, la route fut terminée en 1931 et inaugurée en 1932, rompant enfin l’isolement séculaire du cirque et ouvrant la voie au tourisme.

Comment gérer les freins de votre voiture de location dans la descente du Maïdo ?

Monter, c’est une chose. Descendre en est une autre. Que ce soit depuis le Maïdo, Cilaos ou le Volcan, la descente est le véritable test pour votre véhicule, et surtout pour ses freins. L’erreur du débutant est de garder le pied sur la pédale de frein en permanence. C’est le chemin le plus court vers la surchauffe, la perte d’efficacité (le « fading ») et, dans le pire des cas, l’accident. Le secret, c’est le frein moteur. Vous devez laisser le moteur faire le travail de ralentissement à votre place.

En rétrogradant sur un rapport inférieur (2ème ou 3ème vitesse sur une boîte manuelle), le moteur va freiner la voiture naturellement. Sur une boîte automatique, utilisez les modes « L » (Low), « 2 » ou les palettes au volant si vous en avez. Votre pédale de frein ne doit servir qu’à ajuster votre vitesse avant un virage serré, pas à la réguler en continu. Vous sentirez une odeur âcre et votre pédale deviendra molle ? C’est un signe de surchauffe. Arrêtez-vous sur une aire de repos et laissez les freins refroidir pendant au moins 20 minutes. N’aspergez jamais d’eau dessus, le choc thermique pourrait les endommager.

  • Utilisez le frein moteur en passant sur les rapports bas (2ème ou 3ème).
  • Pour une boîte automatique, passez en mode « L » (Low) ou « 2 », ou utilisez les palettes au volant pour rétrograder manuellement.
  • Roulez souplement et anticipez les épingles à cheveux pour ne freiner que lorsque c’est nécessaire.
  • Faites des pauses régulières aux belvédères ; c’est bon pour les freins et pour les yeux.
  • Sachez reconnaître les signes de surchauffe : pédale de frein molle, distance de freinage qui s’allonge, odeur de brûlé.

Mon conseil le plus ferme est celui-ci : la montagne a ses propres horaires, et il faut les respecter. Prévoyez de quitter le cirque au plus tard vers 17h30 pour être sûr de parcourir la totalité de la descente avec la lumière du jour.

– Youssouf Patel, Expert en logistique touristique à La Réunion

À retenir

  • La clé du confort est la « conduite enroulée » et l’utilisation systématique du frein moteur en descente pour éviter la surchauffe et les à-coups.
  • Le klaxon est un outil de « dialogue routier » : un coup bref avant chaque virage aveugle est un réflexe de sécurité, pas une agression.
  • La météo dicte sa loi : respectez les radiers en crue et les horaires de la montagne. Ne partez jamais en fin de journée et renoncez en cas de fortes pluies.

Route du Littoral ou Nouvelle Route du Littoral : où en est-on des travaux et de la circulation ?

Un dernier mot pour les voyageurs qui arrivent ou repartent. L’axe principal qui relie l’ouest (où se trouvent de nombreuses stations balnéaires) à Saint-Denis et à l’aéroport est la fameuse Route du Littoral. C’est une route magnifique, mais aussi très exposée aux éboulements et à la houle. Depuis plusieurs années, une Nouvelle Route du Littoral (NRL) est en construction pour la remplacer. Cependant, à ce jour, les travaux ne sont pas terminés et la circulation peut être complexe.

Concrètement, une partie de la NRL est ouverte, mais le raccordement final n’est pas fait. Cela signifie que vous pouvez encore être amené à circuler sur l’ancienne route, qui peut être basculée sur 2 ou 3 voies côté mer en cas de risque d’éboulement côté montagne. Avant de prendre la route, surtout si vous avez un avion, le réflexe est toujours le même : vérifiez les informations trafic en temps réel (Radio Freedom, sites d’information locaux, Waze). Les conditions peuvent changer très vite, et un trajet de 20 minutes peut se transformer en une attente de plus d’une heure. Ne vous laissez pas surprendre par ce dernier « piège » routier de l’île.

Vous avez maintenant toutes les cartes en main, non seulement pour survivre à la route de Cilaos, mais pour l’apprécier à sa juste valeur. Chaque virage est une invitation à admirer un nouveau paysage, chaque coup de klaxon un signe de respect pour les autres usagers. C’est une route qui enseigne l’humilité et la concentration.

Maintenant que vous avez les clés, il ne vous reste plus qu’à prendre le volant avec confiance. Planifiez votre trajet en tenant compte de ces conseils et transformez cette route redoutée en une expérience inoubliable, la première étape de votre aventure dans les cirques.

Questions fréquentes sur la route de Cilaos

Faut-il un 4×4 pour faire la route de Cilaos ?

Non, une voiture classique de type citadine ou compacte suffit parfaitement. La route est entièrement goudronnée. Un véhicule maniable et pas trop large sera même plus agréable à conduire dans les virages serrés.

Y a-t-il de l’essence sur la route de Cilaos ?

Non, il n’y a absolument aucune station-service entre Saint-Louis et le village de Cilaos. Il est impératif de faire le plein avant d’entamer la montée. La dernière station se trouve juste avant de quitter la quatre-voies à Saint-Louis.

Peut-on conduire la route de Cilaos de nuit ?

Techniquement oui, la route n’est pas fermée. Cependant, c’est fortement déconseillé si vous ne connaissez pas la route par cœur. Le manque de visibilité, l’absence d’éclairage et la fatigue rendent l’exercice dangereux. La descente de nuit est particulièrement à proscrire pour les non-initiés.

Rédigé par Julien Payet, Expert en logistique de voyage et planification budgétaire basé à Saint-Denis, avec 12 ans d'expérience dans l'organisation de séjours sur mesure dans l'Océan Indien.