
En résumé :
- Choisissez votre marché selon vos envies : Saint-Paul pour l’artisanat et les souvenirs, Saint-Pierre pour l’authenticité culinaire du Sud.
- Maîtrisez le « jeu des horaires » : arrivez avant 9h pour la fraîcheur et le choix, ou après 12h pour les bonnes affaires sur les produits périssables.
- Oubliez le marchandage sur la nourriture, mais engagez la conversation. Le sourire et la curiosité vous ouvriront plus de portes qu’une négociation agressive.
- Apprenez à reconnaître l’authentique : un panier vacoa qui sent le foin, une gousse de vanille souple, et sachez que le « safran péi » est en fait du curcuma.
Ah, le marché forain de La Réunion ! L’odeur des épices qui vous chatouille les narines, les couleurs des fruits qui vous explosent aux yeux, le brouhaha joyeux des conversations… C’est l’image d’Épinal, le passage obligé de tout voyageur qui se respecte. On vous a sûrement dit : « Il faut absolument aller au marché de Saint-Paul, acheter de la vanille et des samoussas ». Et ce n’est pas faux. Mais entre nous, suivre ce conseil à la lettre, c’est la meilleure façon de passer à côté de l’essentiel et de payer le prix fort, celui du « zorey » (le touriste, pour ceux qui débarquent).
Le marché, ce n’est pas un musée. C’est le ventre de l’île, un organisme vivant avec ses codes, ses rythmes et ses secrets. La véritable expérience ne consiste pas à cocher une liste de souvenirs, mais à apprendre à « lire » le marché. Mais si la clé n’était pas de savoir *quoi* acheter, mais plutôt *comment*, *quand* et *où* acheter ? Et si je vous disais que l’heure à laquelle vous arrivez peut diviser par deux le prix de vos brèdes, ou que la façon dont vous regardez un panier en vacoa peut vous éviter une contrefaçon ?
Laissez tomber le guide touristique. Aujourd’hui, votre guide, c’est moi, un bazardier qui a vu passer plus d’ananas Victoria que vous n’avez de jours de vacances. Je vais vous donner les clés, pas celles du camion, mais celles qui ouvrent les portes de l’authenticité. On va décortiquer ensemble les stratégies pour choisir son marché, déjouer les pièges des horaires, négocier (ou pas !), et surtout, remplir votre panier de vrais trésors locaux sans vous faire plumer. Préparez votre « tente » (votre sac de courses), on y va !
Ce guide est conçu pour vous transformer en un acheteur avisé, capable de naviguer les allées colorées avec l’assurance d’un habitué. Découvrez ci-dessous les points essentiels que nous allons aborder pour faire de votre virée au marché une réussite totale.
Sommaire : Les astuces d’un pro pour une virée réussie au marché réunionnais
- Front de mer de l’Ouest ou du Sud : quel est le plus beau marché de l’Océan Indien ?
- Faut-il marchander ses tomates ou ses nappes brodées à La Réunion ?
- Panier en vacoa tressé main ou importation industrielle : comment faire la différence ?
- Pourquoi venir à 6h du matin ou à 12h30 change-t-il votre expérience et vos prix ?
- Bonbon piment ou samoussa : quel en-cas choisir pour ne pas se couper l’appétit avant midi ?
- Label Rouge : comment reconnaître un ananas mûr à point qui ne pique pas la langue ?
- Pro Vanille ou Marché de St-Paul : où acheter sa vanille pour garantir l’origine et le prix ?
- Curcuma ou Safran : pourquoi confond-on ces deux épices de base de la cuisine réunionnaise ?
Front de mer de l’Ouest ou du Sud : quel est le plus beau marché de l’Océan Indien ?
« Alors, on va où ? Saint-Paul ou Saint-Pierre ? » C’est la première question que tout le monde se pose. Et ma réponse de bazardier, c’est : « Ça dépend de ce que vous cherchez, mon ami ! » Comparer ces deux-là, c’est comme comparer un carri et un rougail : les deux sont bons, mais ils n’ont pas le même goût. Oubliez l’idée du « plus beau », pensez plutôt « le plus adapté à mes envies ».
Le marché de Saint-Paul, c’est la superstar. Immense, avec ses 300 exposants le long du front de mer, c’est le roi de la carte postale. Son point fort ? L’artisanat. Si vous voulez ramener des souvenirs, des bijoux en coco, des objets en bois ou des sacs en cuir marin, c’est là qu’il faut aller. C’est une vitrine magnifique, mais qui dit vitrine, dit parfois prix de vitrine. Pour la nourriture, le choix est là, mais l’ambiance est plus touristique.
À l’opposé, le marché de Saint-Pierre, c’est mon chouchou pour le « manger ». Élu 3ème plus beau marché de France, il est plus petit, plus concentré, et surtout, il a une âme 100% sudiste. C’est une plongée dans la culture réunionnaise authentique. Vous y trouverez des productions locales incroyables, des confitures artisanales au goyavier à tomber par terre et des épices qui sentent le vrai. C’est là que les familles du coin viennent faire leurs vraies courses. Si votre but est de cuisiner, de goûter, de sentir le cœur de l’île, c’est à Saint-Pierre que ça se passe. Pour résumer :
- Saint-Paul : Le choix N°1 pour l’artisanat, les souvenirs et l’ambiance « grand spectacle ».
- Saint-Pierre : La destination idéale pour les produits du terroir, les saveurs authentiques et une immersion locale.
- Le Chaudron (Saint-Denis) : Pour les aventuriers qui veulent fuir les touristes et trouver les meilleurs prix de l’île, avec une ambiance 100% créole.
- L’Ermitage : Parfait pour un petit marché de producteurs bio en bord de lagon, ambiance décontractée.
Alors, avant de démarrer la voiture, posez-vous la bonne question : aujourd’hui, est-ce que je suis plutôt en mode « chasse aux cadeaux » ou « exploration culinaire » ? La réponse vous donnera votre destination.
Faut-il marchander ses tomates ou ses nappes brodées à La Réunion ?
Ah, le marchandage ! La grande angoisse du voyageur qui a peur de se faire avoir, ou de vexer le vendeur. Laissez-moi mettre les choses au clair une bonne fois pour toutes. Le marché forain de La Réunion, ce n’est pas un souk. La règle d’or est simple : on ne marchande pas la nourriture. Le prix affiché pour les fruits, les légumes ou les barquettes de samoussas est le prix juste. Pourquoi ? Parce que le créole y fait aussi ses achats. Le vendeur qui gonflerait ses prix pour les touristes perdrait aussitôt sa clientèle locale, qui est son gagne-pain toute l’année. Certains stands un peu trop bien placés peuvent avoir des prix « spécial touriste », mais la solution n’est pas de négocier, c’est de comparer et d’aller voir l’étal d’à côté.
Là où le jeu devient intéressant, c’est sur l’artisanat. Une nappe brodée, un pilon en bois, un bijou… Ici, la discussion est possible, mais attention, avec finesse ! N’arrivez pas en mode « je vous en donne la moitié ». Le secret, ce n’est pas le marchandage, c’est le « code du vendeur ». Les artisans aiment partager leur savoir. Prenez le temps de discuter, posez des questions sur leur travail, montrez un intérêt sincère. C’est en créant ce lien que vous pourrez, peut-être, obtenir un petit geste commercial, surtout si vous achetez plusieurs articles.
Le marché n’est pas un piège à touriste car ‘le Créole y fait ses achats’. Les visiteurs peuvent ‘manger un samossa tout chaud, un bonbon piment ou une tranche de victoria, acheter la vanille du retour ou le rhum arrangé pour les potes’ – l’éventail du savoir-faire Réunionnais se trouve authentiquement représenté.
– Un avis sur le Marché Forain de Saint-Paul
L’astuce suprême est d’adopter la bonne attitude. Un sourire et de la curiosité valent mieux que toutes les techniques de négociation du monde. Osez goûter ce qu’on vous propose, que ce soit un morceau de fruit ou une lampée de rhum arrangé. C’est une marque de respect et d’ouverture qui sera toujours appréciée et qui peut débloquer une bonne affaire bien plus sûrement qu’une demande de rabais frontale. Le vrai gain n’est pas les quelques euros économisés, mais l’histoire que l’artisan vous aura racontée.
En résumé : sur la nourriture, on respecte le prix. Sur l’artisanat, on respecte l’artisan, et le prix suivra peut-être.
Panier en vacoa tressé main ou importation industrielle : comment faire la différence ?
Le fameux panier en vacoa ! C’est le souvenir authentique par excellence. Solide, pratique, et avec ce parfum d’herbe séchée qui vous transporte instantanément sous les filaos. Sauf que… tous les paniers ne se valent pas. Entre le vrai « tente » tressé à la main par une gramoune (grand-mère) de Saint-Philippe et la copie industrielle venue d’Asie, il y a un monde. Et votre mission, si vous l’acceptez, c’est d’apprendre à les différencier avec l’œil du local.
Le premier indice, c’est le prix. Un panier de taille moyenne, fait main, demande des heures de travail. Si on vous le propose à moins de 15 ou 20 euros, méfiez-vous. C’est souvent le signe d’une importation de moindre qualité. Mais le prix ne fait pas tout. Voici la checklist du connaisseur pour ne pas vous tromper.
Votre plan d’action : authentifier le vacoa artisanal
- Le test de l’odeur : Approchez le panier de votre nez. Le vrai vacoa artisanal dégage un parfum de foin séché, chaud et végétal. L’industriel, lui, sent le carton ou le chimique.
- L’inspection des finitions : Observez le tressage de près. Le travail manuel présente toujours de petites irrégularités, des nœuds discrets, des variations de couleur. C’est ce qui fait son charme ! Un tressage parfaitement uniforme est souvent le signe d’une machine.
- L’épreuve de la souplesse : Pliez délicatement une lanière. La fibre de vacoa authentique est souple, elle se courbe sans casser. Une imitation bas de gamme sera rigide et cassante.
- La piste de l’origine : N’hésitez pas à demander au vendeur d’où vient son produit. Les meilleurs artisans se trouvent dans la région de Saint-Philippe, la capitale du vacoa. Un vendeur fier de son produit vous en parlera avec plaisir.
- La confiance des habitués : Une acheteuse régulière partage son secret : « Il y a une vendeuse adorable que nous apprécions et chez qui nous allons à chaque fois (elle se situe sur la périphérie droite du marché [de Saint-Pierre], lorsqu’on rentre par la Gare Routière) ». Suivre les locaux est toujours une bonne stratégie.
Comme le partage une adepte de yoga qui achète ses nattes au marché couvert de Saint-Pierre, trouver « sa » vendeuse de confiance est la meilleure garantie. Une fois que vous avez repéré une personne qui vend du vrai artisanat, restez-lui fidèle. Elle vous reconnaîtra et vous aurez l’assurance de la qualité à chaque visite.
Investir dans un vrai panier en vacoa, c’est plus qu’un simple achat. C’est soutenir un savoir-faire local, ramener un bout de l’âme de La Réunion, et avoir un objet qui vous durera des années.
Pourquoi venir à 6h du matin ou à 12h30 change-t-il votre expérience et vos prix ?
Beaucoup de guides vous diront « allez-y tôt ». C’est un bon début, mais c’est un conseil incomplet. Au marché, chaque heure a sa propre musique, ses propres règles et ses propres opportunités. Maîtriser le « jeu des horaires », c’est ça, la vraie stratégie de local. Pensez au marché comme à une pièce de théâtre en plusieurs actes.
L’Acte 1 (6h – 8h) : Le Réveil des Connaisseurs. C’est mon moment préféré. L’air est encore frais, les allées sont calmes. C’est l’heure où les chefs de restaurant et les gramounes exigeantes font leurs courses. Pourquoi ? Parce que c’est là qu’on trouve les produits les plus frais : le poisson tout juste débarqué, les brèdes rares encore perlées de rosée, les plus beaux fruits. C’est le moment idéal pour discuter avec les producteurs, qui ont le temps et l’envie de parler de leurs produits. Le choix est maximal, la qualité est au top.
L’Acte 2 (8h – 11h) : Le Cœur Battant. Le marché est en pleine effervescence. C’est l’heure de pointe, l’ambiance est animée, tous les stands sont ouverts. C’est le moment de la « balade », où l’on flâne, on regarde, on sent. L’inconvénient, c’est la foule et la difficulté pour se garer, surtout sur les grands marchés. Les habitués conseillent d’arriver avant 9h sur les marchés de Saint-Paul et Saint-Pierre pour éviter la cohue. C’est le moment social, mais pas forcément celui des meilleures affaires.
L’Acte 3 (12h – 13h) : La Course aux Rabais. Le marché commence à plier bagage. Les vendeurs ne veulent pas remballer leurs produits périssables. C’est l’heure de la « dégringolade » des prix. Vous pouvez entendre crier « 2 barquettes pou 5 euros ! ». C’est le moment de faire des affaires incroyables sur les légumes feuilles, les fruits très mûrs (parfaits pour les confitures ou les jus) et les barquettes préparées. Le choix est très limité et la qualité variable, mais les prix peuvent chuter jusqu’à -50%. C’est une stratégie risquée si vous cherchez quelque chose de précis, mais payante pour remplir le frigo à petit prix.
Pour vous aider à visualiser, voici le résumé de ce jeu stratégique.
| Horaire | Avantages | Inconvénients | Produits concernés |
|---|---|---|---|
| 6h-8h | Produits les plus frais, choix maximal, calme pour discuter | Lever très matinal requis | Poisson frais, brèdes rares, premiers choix |
| 8h-11h | Ambiance animée, tous les stands ouverts | Forte affluence, stationnement difficile | Gamme complète disponible |
| 11h-12h | Moment social, dégustation de snacks | Certains produits frais épuisés | Samoussas chauds, jus frais |
| 12h-13h | Rabais sur périssables (jusqu’à -50%) | Choix très limité, qualité variable | Légumes feuilles, fruits très mûrs, barquettes |
Votre choix d’horaire dépend donc de votre objectif : la qualité absolue ou le prix le plus bas. Le vrai luxe, c’est parfois de faire les deux : une visite à 7h pour le poisson frais, et un retour à 12h30 pour les légumes du carri du soir.
Bonbon piment ou samoussa : quel en-cas choisir pour ne pas se couper l’appétit avant midi ?
Faire son marché, ça creuse ! Et l’appel des fritures qui embaument les allées est impossible à ignorer. La question n’est pas « faut-il craquer ? », mais « sur quoi craquer sans ruiner le déjeuner chez tatie Danielle ? ». En tant que bazardier et fin gourmet, je vous propose un petit guide stratégique des en-cas de marché, classés par « pouvoir de calage ».
La règle d’or pour trouver le meilleur stand de samoussas ou de bonbons piment ? Suivez la foule ! Une longue file d’attente, surtout si elle est composée de locaux, est un label de qualité infaillible. Comme le raconte un visiteur conquis :
Nous nous sommes décidés pour un stand qui avait une file immense, tenu par des jeunes qui ne cessaient de danser avec beaucoup de rythme, si bien que nous n’attendions que quelques minutes. Ils étaient très rapides et la nourriture était spectaculaire. Ils mettent les samoussas dans des sacs en papier et nous sommes allés les manger à la plage à quelques mètres.
– Un visiteur du marché de Saint-Paul
Cette anecdote est parfaite : elle combine l’astuce de la file d’attente et le plaisir simple de déguster son butin face au lagon. Maintenant, voyons quoi mettre dans ce sac en papier selon votre faim :
- La petite faim (coupe-faim léger) : Vous avez juste un petit creux ? Optez pour le bonbon piment. Ce petit beignet de pois du Cap, relevé d’épices, est léger et savoureux. Deux ou trois, et vous êtes reparti. Les beignets de banane sont aussi une excellente option, sucrée et peu bourrative.
- La faim modérée (le snack de 10h) : Le samoussa est le roi de cette catégorie. Fourré au fromage, au poulet ou aux légumes, ce petit triangle croustillant est plus consistant mais reste raisonnable. Le nem créole, plus petit et plus dense que son cousin asiatique, est également un excellent choix.
- La grosse faim (attention, danger !) : Là, on entre en zone rouge pour l’appétit. Le bouchon, cette bouchée de porc cuite à la vapeur, est délicieux mais peut vite caler, surtout si vous le prenez en « pain bouchon gratiné ». Le piment farci, avec sa farce à la viande, est un vrai petit repas à lui seul.
- Le remplacement de repas : Si vous savez que vous déjeunerez tard, le gâteau patate (un gâteau dense et fondant à la patate douce) ou une barquette de croquettes de poulet peuvent carrément faire office de déjeuner sur le pouce.
Mon conseil de pro : commencez par un en-cas léger, puis terminez vos courses par un jus de fruits frais (canne, ananas, passion…). C’est la meilleure façon de se faire plaisir sans compromettre le festin à venir.
Label Rouge : comment reconnaître un ananas mûr à point qui ne pique pas la langue ?
L’ananas Victoria de La Réunion, c’est une petite bombe de sucre, un concentré de soleil avec le label Rouge en prime. Mais parfois, la dégustation laisse un souvenir… piquant. Pourquoi ? La coupable s’appelle la bromélaïne. Les données nutritionnelles confirment que l’ananas contient de la bromélaïne, un groupe d’enzymes qui digèrent les protéines. En gros, quand vous mangez de l’ananas, il vous « mange » un peu en retour ! Plus l’ananas est jeune et acide, plus cet effet est prononcé. Le secret est donc de choisir un fruit parfaitement mûr.
Oubliez la couleur ! Un Victoria peut être encore un peu vert à l’extérieur et être un pur délice à l’intérieur. Fiez-vous plutôt à vos autres sens. Voici mon check-up infaillible en 3 étapes, celui que toutes les gramounes utilisent :
- Le flair du connaisseur : Saisissez l’ananas et sentez sa base. C’est là que le parfum se concentre. Il doit dégager une odeur sucrée, fruitée et puissante. S’il ne sent rien, il n’est pas mûr. S’il sent le vinaigre, il est déjà en train de fermenter. Laissez-le.
- L’épreuve du poids : Soupesez-le dans votre main. À taille égale, choisissez toujours le plus lourd. Un ananas lourd est un ananas gorgé de jus et de sucre.
- Le test de la feuille : C’est l’astuce ultime. Attrapez une des petites feuilles au cœur de la couronne et tirez doucement. Si la feuille vient sans résistance, l’ananas est mûr à cœur. C’est le signal que la chair est tendre et prête à être dégustée.
N’oubliez pas non plus la saisonnalité. Même si on en trouve toute l’année, c’est pendant l’été austral, de décembre à janvier, que l’ananas Victoria est au sommet de sa forme. C’est sa pleine saison, il est naturellement plus sucré et plus parfumé. Un ananas acheté à Noël, c’est la garantie d’un dessert de roi.
Et une fois à la maison, si vous voulez vraiment limiter le picotement, enlevez bien le cœur, qui est la partie la plus riche en bromélaïne. Maintenant, vous êtes paré pour la dégustation !
Pro Vanille ou Marché de St-Paul : où acheter sa vanille pour garantir l’origine et le prix ?
La vanille, c’est l’or noir de La Réunion. Le souvenir incontournable. Mais attention, c’est aussi le produit où les arnaques sont les plus fréquentes. Entre la prestigieuse vanille Bourbon locale et celle importée de Madagascar, de qualité souvent inférieure, il est facile de se tromper. Alors, où faut-il l’acheter ? La réponse est claire : le moins risqué est de privilégier les circuits courts.
Un expert en vanille est formel, et je ne peux qu’être d’accord avec lui :
Si vous souhaitez faire plaisir à vos proches en rapportant une gousse de vanille, il est recommandé de l’acheter directement dans les plantations de vanille, gage de qualité et de traçabilité. Il arrive souvent que la vanille vendue sur les marchés provienne de Madagascar et soit de moins bonne qualité et surtout qu’elle risque de moisir peu de temps après l’achat.
– Expert en vanille, Guide des vanilleraies de La Réunion
Cette mise en garde est cruciale. Une gousse qui moisit dans la valise, c’est la déception assurée. Si vous achetez sur un marché, vous devez devenir un expert. Voici la checklist pour reconnaître une gousse de qualité :
- Souplesse : Une bonne gousse doit pouvoir se nouer autour de votre doigt sans se casser. Si elle est rigide, elle est trop sèche.
- Aspect : Elle doit être noire, brillante, et légèrement grasse ou collante au toucher. Sa longueur idéale se situe entre 14 et 20 cm.
- Toucher : Palpez-la. Elle doit être pleine et charnue, pas vide ou plate.
- Méfiance : Fuyez les gousses très charnues à la peau lisse (signe de maturité forcée) et celles vendues sous vide (un emballage qui cache souvent des défauts et favorise la moisissure).
Pour y voir plus clair, comparons les différentes options d’achat :
| Lieu d’achat | Prix (10 gousses) | Qualité/Traçabilité | Risques |
|---|---|---|---|
| Coopérative Pro Vanille | 50-60€ | IGP garantie, traçabilité totale | Aucun |
| Vente à la ferme | 40-50€ | Excellente, contact direct producteur | Nécessite déplacement |
| Marché forain | 30-40€ | Variable, origine incertaine | Vanille Madagascar, risque moisissure |
| Boutiques touristiques | 60-80€ | Correcte mais prix élevé | Surcoût important |
Mon conseil ultime : profitez de votre séjour pour visiter une vanilleraie. C’est une expérience fascinante, et vous repartirez avec la certitude d’avoir le meilleur produit, au juste prix, directement du producteur.
À retenir
- Le marché est un écosystème : adaptez votre visite à votre objectif. Saint-Paul est le royaume de l’artisanat, tandis que Saint-Pierre est le temple de la gastronomie locale.
- L’heure est votre meilleure alliée : arrivez aux aurores (6h-8h) pour une qualité et un choix inégalés, ou jouez la montre (après 12h) pour saisir les rabais sur les produits frais.
- Votre meilleur outil est la curiosité : l’authenticité se détecte avec vos sens (l’odeur du vacoa, la souplesse de la vanille) et le dialogue avec les producteurs, bien plus qu’avec la négociation.
Curcuma ou Safran : pourquoi confond-on ces deux épices de base de la cuisine réunionnaise ?
Entrons dans le vif du sujet, au cœur du carri réunionnais. Vous verrez sur tous les étals des montagnes de poudre d’un orange éclatant, et on vous parlera de « safran péi ». Attention au malentendu ! C’est l’une des confusions les plus courantes pour les non-initiés, et elle est fondamentale pour comprendre la cuisine locale.
Le « safran péi » (safran du pays) que vous trouverez partout à La Réunion n’a rien à voir avec le safran que vous connaissez en métropole, ces précieux pistils rouges de crocus. Le « safran péi » est en réalité le nom local du curcuma. C’est une racine, comme le gingembre, qui, une fois séchée et moulue, donne cette poudre orange vif indispensable à la base de tous les carris. Elle apporte une couleur magnifique, un parfum terreux et de légères notes poivrées.
Alors, peut-on trouver du vrai safran sur l’île ? Oui, mais il est très rare et très cher. Il sera toujours vendu sous le nom de « safran de métropole » et présenté sous forme de pistils, jamais en poudre sur un grand tas. Les deux n’ont ni le même usage, ni le même goût, ni le même prix.
Pour acheter votre curcuma comme un pro, voici quelques conseils :
- Privilégiez la racine fraîche : Si vous avez de quoi la râper, achetez le curcuma en racine (« doigt » de curcuma). Son parfum est incomparable. Vous pouvez la congeler pour la conserver.
- Observez la poudre : Si vous optez pour la poudre, choisissez une couleur orange vif et intense. Une couleur jaune pâle peut être le signe d’un curcuma de moindre qualité ou, pire, coupé avec une autre farine.
- Faites confiance à votre nez : Une bonne poudre de curcuma doit avoir une odeur puissante et caractéristique. Si elle sent la poussière, passez votre chemin.
Maintenant que vous savez faire la différence, vous êtes prêt à acheter la véritable base de la cuisine réunionnaise et à épater vos amis avec un authentique carri poulet, coloré au « safran péi ».
Questions fréquentes sur l’achat au marché forain
Peut-on négocier les prix sur les marchés ?
Il est important de comparer les prix car certains stands, souvent à l’entrée, sont là pour les touristes uniquement. Cependant, la négociation se pratique très peu sur les produits alimentaires. Elle est plus envisageable, avec diplomatie, sur l’artisanat.
Qu’est-ce que le ‘safran péi’ ?
À La Réunion, le terme ‘safran péi’ désigne en réalité le curcuma, une racine de couleur orange qui est la base de tous les caris locaux. Il ne faut pas le confondre avec le vrai safran (pistil de Crocus sativus).
Existe-t-il du vrai safran à La Réunion ?
Oui, mais il est très rare et vendu sous l’appellation ‘safran de métropole’. Il est beaucoup plus cher que le curcuma et se présente sous forme de pistils, non de poudre en vrac.
Comment choisir son curcuma au marché ?
L’idéal est de l’acheter en racine fraîche, qui sera plus parfumée. Si vous l’achetez en poudre, préférez une couleur orange vif et intense plutôt que jaune pâle, signe d’une meilleure qualité et d’un produit non dilué.